Frida




Frida était un personnage déjà évoqué à maintes reprises dans l’univers de Benjamin Lacombe. On peut aisément comprendre pourquoi l’oeuvre de Frida Kahlo, artiste mexicaine, a pu retenir l’attention de Benjamin: ses peintures pleines de couleurs chatoyantes contrastent avec un univers beaucoup plus sombre ponctué de coeurs et corps rouge sang. Des créations, qui au delà de leur beauté artistique, nécessite plusieurs « lectures » révélant ainsi une oeuvre intelligente et complexe pleine de symboles. Un peu à la manière des dessins de Benjamin. C’est d’ailleurs le premier livre dans lequel l’artiste consacre les dernières pages à expliquer son lien avec les oeuvres de Frida, sa réflexion sur son oeuvre et les symboles qu’il a voulu glisser dans ce livre véritable hommage à l’artiste mexicaine. 

Benjamin s’est de nouveau allié avec Sébastien Pérez pour la conception de ce livre qui s’articule autour de 9 mots clé dans la vie de Frida. En décembre 2014, Benjamin s’était rendu au Mexique, visiter « la maison bleue » de Frida dans le but de s’immerger un peu plus dans l’univers de l’artiste. Le point de départ de cette aventure. C’est avec un dessin de la Caza Azul que Benjamin débute logiquement son livre. 

Benjamin en pleine préparation du livre a visité la maison de Frida, la "Casa Azul" 

Puis le livre introduit le mot qui a sans doute été le plus déterminant dans la vie de Frida, « L'accident ».  A 19 ans, Frida, surnommée « la boiteuse » (elle souffrait de poliomyélite, sa jambe droite était donc atrophiée) aspire à devenir médecin. Le 17 septembre 1925 elle prend le bus pour rentrer chez elle après les cours mais l’autobus sort de route pour percuter un tramway. L’abdomen et la cavité pelvienne de Frida sont transpercés par une barre de métal. Contrainte de rester des mois allongée, elle commence à peindre. C’est la naissance de Frida l’artiste.


Parmi 143 tableaux, Frida réalisera deux-tiers d’autoportraits. Comme le souligne Benjamin, loin d’être symbole de vanité, ces autoportraits étaient sans doute un échappatoire à la douleur. Cette série d’autoportraits est probablement également liée au fait que ses proches, pour l’aider, avait accroché au dessus de son lit un miroir en guise de ciel.

"Frida, autoportrait aux singes" et plus bas l'interprétation de cette oeuvre par Benjamin


L’artiste était très proches des animaux. Chiens, chats, tortues et singes étaient une présence rassurante alors qu’elle était contrainte de rester chez elle.

"Le cerf blessé" et plus bas l'interprétation de cette oeuvre par Benjamin


Le cerf blessé illustre la fusion de l’homme et de l’animal. L’artiste se sentait comme blessée à mort dans chaque partie de son corps. Comme vous pouvez le remarquer, Benjamin dans son interprétation a été très fidèle aux oeuvres de Frida. Comme il l’explique lui même à la fin du livre, chaque tableau de Frida était rempli de symboles que Benjamin tenait à respecter. Je vous invite à lire le livre de Benjamin pour mieux comprendre la signification de cette oeuvre complexe, qui s'articule notamment autour du nombre 9. Un chiffre clé dans la vie de Frida, symbole de renaissance, auquel rend hommage Benjamin avec le choix des 9 thèmes.

Mais Benjamin prend également plus de liberté pour la représentation d’autres thématiques telles que « l’amour » ou encore « la maternité ». Très amoureuse de Diego Rivera, elle tentera plusieurs fois d’avoir un bébé, des tentatives vouées à l’échec en raison de son état de santé. On comprend à quel point ce désir insatisfait la rongeait en observant ses oeuvres. Cette thématique est traitée différemment par Benjamin, travaillant cette section au crayon pour souligner ce sentiment d’inachevé qui rongeait Frida.

"Le lit volant" et l'interprétation de cette thématique difficile par Benjamin


Frida et Diego divorceront en 1938, une autre épreuve dans sa vie comme elle l’illustre dans « Les deux Frida », un autre tableau repris fidèlement par Benjamin.

"Les deux Frida" et l'interprétation de cette oeuvre par Benjamin


La Frida de gauche divorcée, blessée, se raccroche à la Frida de droite, une amie imaginaire forte et réconfortante, souffle de vie dans cette période difficile. On constate davantage de liberté dans la représentation de Benjamin, avec notamment vous remarquerez l'inversion gauche-droite des deux Frida qui sont ici totalement fusionnées. Par ailleurs, l'artiste ajoute en arrière plan le détenteur de ce coeur brisé...

Dix ans avant sa mort, Frida dessine « La colonne brisée ». Sa douleur physique, sentimentale sont résumés dans ce tableau peint sur fond de paysage désertique et stérile, tout comme l’était son corps. 

"La colonne brisée" et l'interprétation de cette oeuvre par Benjamin

Cependant, grâce au jeu de découpage très habilement mené, Benjamin révèle derrière cet autoportrait sombre, la part d’optimisme de Frida, illustrant une citation de Frida « Pourquoi voudrais-je des pieds puisque j’ai des ailes pour voler? » . Une enfant qui demeurait en Frida, avec ses espoirs et ses rêves, malgré la prison de fer qu'était devenue son corps.

Ainsi, à travers ce livre transparait un véritable respect de Benjamin pour l'oeuvre de Frida, dont il a voulu respecter les symboles, tout en y apportant sa propre interprétation. Un mélange savamment mené. 


Frida meurt le 13 juillet 1954, officiellement d’une embolie pulmonaire même si les derniers mots de son journal laissent entendre qu’elle se serait suicidé. Benjamin clot ce livre, certainement sa création jusqu’à aujourd’hui qui renferme le plus de symboles, avec une dernière vue de la maison de Frida. Dans le coin, on peut lire les mots que Frida avait écrit en travers de son dernier tableau peint juste avant sa mort: « Viva la vida ».


Les informations sur le livre

Frida
Albin Michel
Album 286 mm x 318 mm
Parution 23 novembre 2016
76 pages
Prix 25 euros
Se procurer le livre

Un peu de cinéma...
Vidéo promotionnelle du livre

"Comment j'ai dessiné Frida" (France Inter)

Dédicace à la librairie Dialogues pour Frida (interview)

Interview au Mexique

Conférence lors de la visite de Benjamin et Sébastien en Colombie

A consommer sans modération...

La presse (extraits)

Les petites anectodes

Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez ont passé beaucoup de temps, en Espagne, au Mexique, en Colombie, pour promouvoir Frida via des séances dédicaces et conférences. Une belle occasion pour les fans, très nombreux dans les pays hispanophones, de venir à la rencontre de l'artiste qui rend hommage à un personnage emblématique pour ces pays.


Frida a reçu le prix 2017 du plus beau livre jeunesse de l'année lors de La Nuit du Livre.

Le prix reçu par Benjamin et Sébastien Pérez


Pour finir, rien que pour vos yeux

Frida Anatomicum

La promotion de Frida s'est accompagnée d'une très belle exposition au Musée d'Histoire de la Médecine à Paris. "Frida Anatomicum" présentait du 9 novembre au 7 décembre 2016 les oeuvres originales de Benjamin dans un univers emprunt de mystère tout à fait adapté à l'oeuvre de Frida. 










Tournée pays hispanophones
(tout petit aperçu...)










Les goodies

La collection "Ecole Française" de janvier 2014 incluait déjà de nombreux produits à l'image de Frida avant même la sortie du livre deux ans plus tard (sacs, foulard, trousse, bijou, coussin, coque iPod, tous avec le même motif ci-dessus)

Calendrier 2015

Le carnet de Frida

Carnets Albin Michel

Agenda 2017, Marques-pages

Sac offert lors de l'exposition Anatomicum et lors des événements au Mexique, Colombie

Set de trois badges (Big Cartel)

Frida Sketches (Big Cartel)

Sac, badge offert lors de la campagne de soutien au magasin Cocorico

Frida en couverture du catalogue Cingko Press - Printemps 2017

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